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Asile de fous

Par marietom, 09/07/2007 à 10:09
Catégorie : livres

Asile de fous, de Régis Jauffret.


C'est un roman avec quatre narrateurs : Gisèle, Damien (qui formaient un couple), et les parents de Damien.

Premier chapitre : une jeune femme très énervée se raconte, on comprend qu'elle a été quittée, mais l'intrigue est très floue. Le ton du chapitre est parfois agressif, et je me suis demandé ce que je commençais à lire. (j'ai d'ailleurs relu ce premier chapitre plus tard, quand j'ai eu plus d'éléments de l'histoire).

2e chapitre : la même jeune femme (Gisèle) raconte sa rencontre avec Damien.

3e chapitre : "Je me souviens de l'instant où je suis devenue seule". On entre dans le vif du sujet, la rupture.
Damien, pas très courageux, envoie son père changer un robinet dans l'appartement et par la même occasion, il a pour mission d'annoncer à Gisèle que Damien la quitte !

Dans les chapitres suivants, on commence à comprendre le titre. Asile de fous, c'est le nom donné à la famille de Damien par Gisèle ! Le père comme la mère se relaient à la narration, et comprend comment Damien a été construit, et d'où il sort ! Qui du père ou de la mère est le plus fou, difficile à dire parfois !

Extraits du discours du père :
- Il est toujours souriant, Damien, même quand il a mal, quand il échoue, quand il s'est tordu la cheville. Avec sa mère, nous l'avons toujours gâté, mais dès l'âge des premiers pas, s'il pleurait à la suite d'une chute ou d'un caprice, nous ne lui adressions plus la parole, nous ne l'embrassions plus, nous ne le caressions plus pendant des heures. Nous le mettions pour ainsi dire en quarantaine, nous voulions qu'il s'endurcisse.
- Damien n'est pas un génie, et pour être franc, je crois même qu'il est moins doué que moi. Non seulement pour les études, mais pour l'abstraction d'une manière générale. Sa mère lui a donné ses yeux, son petit nez, et son cerveau aux performances moyennes. Comme on ne se reverra probablement jamais, je peux vous avouer que je l'ai longtemps haï quand je me suis rendu compte que j'avais engendré un être légèrement inférieur à moi.
- J'avais transformé son bulletin de notes en véritable feuille de paye. Chaque point au-dessus de la moyenne lui valait de l'argent, autrement, c'est lui qui m'en devait. En troisième, il avait traversé un trimestre si désastreux, que pour régler sa dette j'avais été contraint de vendre son scooter et un blouson de cuir auquel il tenait beaucoup. (...) Aujourd'hui, nous lui signons un chèque chaque fois qu'il fait un pas dans la bonne direction. Ce soir, nous l'indemniserons pour ce chagrin, dont vous ne serez bien sûr pas la cause, mais malgré tout l'objet.

Extraits du discours de la mère :
- Nous aimerions que vous disparaissiez. Partez, volatilisez-vous, habitez désormais un pays étranger sans monuments, sans curiosités, au climat épouvantable, où nous pourrons avoir la certitude absolue que Damien ne partira jamais en vacances.
- Nous nous aimons peu, mais nous nous aimons un peu.

Je n'en dévoile pas plus...

Ce livre peut déranger, et les critiques lues sur le net montrent qu'on aime ou que l'on déteste. Beaucoup de personnes ne sont pas allées au bout, il faut dire que ce roman questionne... Sortons-nous, nous aussi d'un asile ? Et lequel ?

En ce qui me concerne, j'ai beaucoup, beaucoup aimé !




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Commentaires

Le 10/07/2007 à 20:26, par christine
sympa la famille!!

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