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BAMAKO (Abderrahmane Sissako)

Par marietom :: 09/02/2008 à 5:18 :: films
Je suis tombée sur Bamako, le film d'abderrahmane Sissako hier matin, en allumant ma télé.
Je pensais que trop politique, il ne me plairait pas (c'est ce que j'avais cru à l'époque de sa sortie au cinéma). Je me suis trompée, je me suis régalée !


Melé est une chanteuse de bar et son mari, Chaka, au chômage s'enfonce dans le silence. Malgré une fille qui les unit, leur couple s'émiette petit à petit. Ils vivent dans une maison qu'ils partagent avec plusieurs familles. Dans la cour, se tient un étonnant événement : le procès de la société civile africaine contre la Banque mondiale et le FMI.

Tout au long du film, on voit se dérouler le procès (improvisé par de vrais avocats) , alors que la vie continue dans la cour : confection de tissus en bazin, passage devant les juges d'une jeune fille un bébé dans le dos, etc... le tout, au rythme de là-bas. L'audience est suspendue alors qu'un mariage passe, accompagné des chants d'un griot, par exemple.

Les couleurs de l'Afrique sont bien rendues, dans ce film. J'ai retrouvé l'ambiance du Mali, une cour, comme certaines dans lesquelles je suis passée quand j'étais là-bas.

Nostalgie, de ce qui restera sans doute mon plus beau voyage, parce que le plus fou.

Du coup, ça m'a donné envie de ressortir quelques photos, de scanner quelques négatifs (je redécouvre certaines photos !), et aussi, de remettre quelques extraits de mon carnet de voyage.

Nous sommes arrivées au Mali un 14 juillet, après quelques jours en Côte d'Ivoire.

extrait :

"Nous arrivons à la gare routière de Korhogo, où nous avons pris nos billets la veille... Je pensais que nous allions voyager en bus, mais non, il s'agit d'un taxi brousse de 18 places, (comme je n'y connais rien en voiture, impossible d'en donner la marque, mais c'est un vieux machin assez déglingué...) autour duquel sont déjà rassemblés de nombreux bagages bien volumineux, ainsi que leur propriétaires. Je crains le pire, tout ce
monde-là va entrer dans ce véhicule pour tous ces kilomètres-là ? Et bien oui...!!! Avec les bagages sur le toit.
NOOON !!! Pas le sac à dos !!! Pas sur le toit, l'appareil photo... Je préfère le garder près de moi (d'autant plus qu'il contient nos réserves d'eau pour le voyage).

Après avoir badigeonné chaque pneu d'une croix de miel pour conjurer le mauvais sort, et arriver sans crevaison, le convoyeur installe les voyageurs. Nous sommes placées juste derrière le chauffeur. Rokia monte, puis Christine, enfin moi... qui m'installe confortablement sur un siège, d'où je me fais rapidement éjecter... ben oui, 18 places, c'est 18 places, ce qui signifie 4 personnes par rangée... Aïe.
Bref, je me retrouve entre deux sièges, bien entendu, de hauteur inégale, prise en sandwich entre Christine et un autre voyageur... pour environ 300 kilomètres ! Belle matinée en perspective...

Bref, nous partons. Il est 7 h 30 environ. Cela fait 10 minutes que l'on roule, et déjà, j'ai mal partout... ben oui, assise entre deux sièges dans un véhicule sans option amortisseurs, les trous de la route, les épaules vers l'avant pour laisser un peu de place à mes voisins, (trop bonne...), le sac à dos sur les genoux, et j'allais oublier... le KLAXON..., en plus du ronron (que dis-je ? du boucan infernal) du moteur, manque plus que la chaleur, mais patience, ça va venir...!

Heureusement, la route vers Sikasso, une fois sorti de Korhogo, est bonne. Premier arrêt, à la douane de Côte d'Ivoire. Cela fait un bien fou de sortir de là... Je ne suis pas sûre de savoir encore marcher, une bonne heure que je n'ai presque pas bougé..., mais si, ça va... On peut continuer à pied ???

Bon, allez, la douane... Allons d'abord voir les policiers, installés à l'ombre d'un arbre. "Vous allez où ? Combien de temps ? Pour quoi y faire ?"...etc. Et un tampon de plus sur le passeport... Au tour de Chris, mêmes questions, mêmes réponses, ça y est, en voilà un qui veut l'épouser... ah ben non alors, on continue le voyage ensemble. - C'est la fête, chez vous !
- Quelle fête ?
Ah oui, on l'avait oublié ça, c'est le 14 juillet. On en entendra reparler tout au long de la journée, de notre fête nationale, à croire qu'ils sont meilleurs en histoire de France que nous ici (en ce qui me concerne, ce n'est pas
très difficile...). Je leur explique alors que si on ne s'en rappelle plus, c'est tout simplement parce que l'année dernière, on a fêté le 12 juillet, la coupe du monde de foot, et que le 14, on était tous très fatigués...
- Ah oui, vous êtes champions du monde, nous, on était tous contents que la France gagne. C'était la fête partout chez nous aussi...
Je sens qu'elle va nous aider à passer les douanes, la coupe du monde, du coup, le policier, il ne pense plus à son mariage avec Chris... Ouf, et un guichet de passé...
Re-douane, mais cette fois, c'est pour les autres passagers, et c'est un peu plus loin... On intervertit nos places, et je suis provisoirement mieux installée, mais un peu mieux seulement, un peu moins tordue, mais
toujours aussi serrée...

A la douane du Mali, c'est une autre histoire. Le douanier, après une étude approfondie de notre visa, nous annonce que celui-ci est périmé...
Il est midi... il fait très chaud... de nouvelles courbatures s'annoncent à chaque minute... et on ne peut pas rentrer au Mali... ? ? ?
ZEN...!!!
- Bon, je vais vous expliquer... (tout sourire, bien sûr... pour l'instant...). Alors voilà... Ce visa a été délivré le 31 mai 1999, et il a une validité de 3 mois... D'accord ? Cela fait que ce papier est valide jusqu'au 31 août 1999 et que dans ce laps de temps, nous avons droit à un séjour d'un mois dans votre pays. Si nous y entrons
aujourd'hui 14 juillet, nous pouvons y rester jusqu'au 13 août... Voilà, dis-je assez fière de mes explications...
- Ah non, je suis désolé, mais notre consulat en France a mal fait son travail vous ne pouvez pas entrer...

Il ne va pas croire qu'on a fait tout ce chemin compressées au maximum depuis ce matin pour rester à la frontière non ? Bon, où est notre papier grigri ? Ca y est, je mets la main dessus, et poursuis :

- Ecoutez, ce n'est pas de notre faute, ni de la vôtre si le consulat a mal fait son travail, (et d'ailleurs il ne l'a pas mal fait...). Tenez, nous venons pour une mission...

Et je lui tends mon papier. Après l'avoir lu, il n'est toujours pas convaincu ; Chris prend la relève.
Je n'écoute plus la suite, mais finalement, on est presque contentes de se retrouver dans notre taxi brousse...
Nous repartons, dans la chaleur, le bruit, et un peu plus énervées encore qu'avant... et finissons par arriver à la gare routière de Sikasso. Il est 13 heures.

Nous sommes affamées, mais ne trouvons rien à manger ; enfin si, il y a plein de choses, mais Chris est malade, et moi, je ne vais pas très bien non plus, donc, nous attendrons Bamako. Rokia m'envoie me renseigner au guichet, pour savoir s'il y a moyen de joindre Bamako aujourd'hui.
Oui, c'est possible, un bus part à 16 heures, un bus, un grand, un vrai...

Suite du voyage dans un prochain épisode..." (enfin, sauf si vous n'en voulez pas !)

En attendant, deux images du film :





En attendant le bonheur

Par marietom :: 09/01/2008 à 10:31 :: films

Petite promenade en Mauritanie, avec le film :





"Nouadhibou, petite ville de pêcheurs en Mauritanie. Abdallah, un jeune Malien âgé de dix-sept ans, y retrouve sa mère, en attendant son départ vers l'Europe. Dans ce lieu d'exil et de fragiles espoirs, le jeune homme, qui ne comprend pas la langue, tente de déchiffrer l'univers qui l'entoure :
Nana, une sensuelle jeune femme qui cherche à le séduire ; Makan, qui, comme lui, rêve de l'Europe ; Maata, un ancien pêcheur reconverti en électricien et son apprenti disciple, Kahtra. C'est lui qui enseigne à Abdallah la langue locale pour que ce dernier puisse rompre le silence auquel il est condamné..." (allociné.fr)

Images de Mauritanie superbes... (je n'ai pas trouvé d'images de tissus séchant dans le vent, mais il y en a plein dans le film...)




Et puis, j'ai revu avec plaisir le film :



Un bonheur visuel...


Paris, je t'aime, et autres films

Par marietom :: 31/08/2007 à 11:37 :: films

Petite série de films vus ces derniers jours...



Celui-ci, je l'ai revu. Mais je n'avais pas dû être très concentrée la dernière fois, parce que je n'en avais aucun souvenir, et il ne m'avait pas fortement marquée.
Dora, ancienne instit, devient écrivain public à Sao Paulo, pour arrondir ses fins de mois. Josue et sa mère font appel à elle, pour écrire au père de Josue, que celui-ci ne connaît pas.
Josue perd sa mère, et Dora le prend en charge... pas tout à fait de la bonne manière dans un premier temps, puisqu'elle l'échange contre  de l'argent, mais prise de remords, elle retourne le chercher, et part avec lui à la recherche de son père.
Très beau film, avec de beaux paysages du Brésil, de beaux murs comme je les aime...
Belle histoire aussi, pleine de sensibilté. Dora "la dure" s'adoucit au fil des scènes, et le petit bonhomme a une bouille craquante.

Autre style, autre poésie.

"Venu travailler à Paris dans une entreprise fabriquant des calendriers, Stéphane Miroux mène une vie monotone qu'il compense par ses rêves. Devant des caméras en carton, il s'invente une émission de télévision sur le rêve.
Un jour, il fait la connaissance de Stéphanie, sa voisine, dont il tombe amoureux. D'abord charmée par les excentricités de cet étonnant garçon, la jeune femme prend peur et finit par le repousser. Ne sachant comment parvenir à la séduire, Stéphane décide de chercher la solution de son problème là où l'imagination est reine..."

Les images animées et les images filmées se mêlent admirablement. A voir... si vous aimez ce style, moi, je n'ai pas déscotché de devant la télé (c'est rare !)

Le site du film vaut le détour :
la science des rêves

et voici deux images du film :





J'ai aussi vu Saint-Jacques la Mecque, de Coline Serreau.

Au décès de leur mère, deux frères (Darroussin pour l'un des deux) et une soeur (Muriel Robin) apprennent qu'ils ne toucheront leur héritage que s'ils font ensemble, à pied, la marche du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais ils se détestent autant qu'ils détestent la marche.
Ils se mettent pourtant en route, mus par l'appât du gain. Ils rejoignent leur guide au Puy et découvrent qu'ils marcheront avec un groupe de six autres personnes, dont un jeune beur qui fait croire à son cousin un peu naïf qu'il l'emmène à La Mecque, alors qu'il poursuit une jeune pèlerine, l'amour de sa vie...

Un moment sympa...



Vu aussi The Queen, sur le décès de Lady Diana, et les diverses réactions de la famille royale, de Tony Blair... etc. Je n'ai même pas fait exprès de le regarder alors que c'est la période des émissions sur cette mort... Bon film, qui explique bien ce qui s'est passé. Helen Mirren joue à merveille le rôle d'Elisabeth II.




Et enfin, petit bijou, pour moi qui suis en ce moment en grand manque de balades dans Paris :



17 courts métrages sur 17 arrondissements de Paris, filmés par des réalisateurs différents à chaque fois.
Différents styles se côtoient, j'ai eu une préférence pour quelques histoires :
- Place des victoires, avec Juliette Binoche entre autres, de Nobuhiro Suwa (il y a quelques rues de nuit magnifiquement filmées !)
- Quai de scènes... dans une superbe lumière, des jeunes draguent les filles qui passent. L'un d'entre eux tombe amoureux d'une jeune maghrébine, qui se rend à la Mosquée;
- Bastille, une histoire de rupture, qui n'en sera pas une.
- 14e arrondissement, pour la balade dans un quartier que je connais bien
- Loin du 16e, l'histoire d'une jeune maman qui met son bébé à la crèche, et vient garder les enfants d'une famille du 16e.
- l'épisode du Père Lachaise, pour le lieu...

Paris, moi aussi je t'aime !

Terre et cendres

Par marietom :: 03/08/2007 à 15:30 :: films

C'est la film que j'ai regardé hier après-midi.




Réalisé par Atiq Rahimi
Drame afghan, français.  2003

Synopsis
Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan. Le vieil homme va annoncer à son fils qui travaille à la mine, le père du petit, qu'au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : enfer des souvenirs, des attentes, des remords, des conjectures, des soupçons. C'est une parole nue qui dit la souffrance, la solitude, la peur de n'être pas entendu...
 
J'ai beaucoup aimé ce film... Les paysages, bien que désolés et sans végétation, sont magnifiques, les images aussi : portraits sur fond de matières, bonne bouille de l'enfant, visage bien typique du grand-père...
 
Un film asiatique de plus à ma collection.